Marc Hoste termine le Trail du Mont-Blanc

Marc ne vous révèlera pas son âge mais vous remarquerez rapidement à quel point son physique est affûté...

Grand spécialiste des très longues distances, il a terminé un ultratrail de 120 km autour du Mont Blanc (dénivelé 7000 mètres) !

Revivez son périple qu'il vous raconte ci-dessous (cliquez "Lire la suite...") et, si vous le croisez au Fit & Fun ou ailleurs, inclinez-vous car tout sportif digne de ce nom lui doit le respect...

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UTMB 2010 par Marc HOSTE.

Petit lexique pour commencer : UTMB® (Ultra-Trail du Mont-Blanc®),166km, 9700 m de dénivelé).
Epreuve de montagne, comportant de nombreux passages en altitude (>2500m), dans des conditions climatiques pouvant être très difficiles (nuit, vent, froid, pluie ou neige), nécessitant un très bon entraînement, un matériel adapté et une réelle capacité d’autonomie personnelle.

L’inscription à l'UTMB® est strictement réservée aux coureurs ayant déjà une expérience et pouvant en faire état.

«27 août 2010. Il est 18h00 et nous sommes plus de 2300 à attendre place de l’Eglise à Chamonix, à partager le même rêve : faire le tour du Mont-Blanc en moins de deux jours. Chacun de nous s'est soigneusement préparé durant de longs mois. Malgré la démesure de l'épreuve, nous sommes sereins car nous savons que près de 1300 bénévoles participent à la même aventure, prêts à offrir avec passion leur aide et leur réconfort dans un esprit de partage et d'amitié. 
Nous allons vivre une aventure hors du temps !» L’ambiance est particulière, tendue et les conditions météo prévues n’y sont pas étrangères.

18h30, vendredi soir : Départ de l’UTMB, avec mon ami Joël, sous une pluie qui se fait de plus en plus intense. Bien entendu ça se bouscule, on ne court pas, on marche mais je dois avouer que je ne suis pas pressé de partir ! La traversée de la ville est quelque chose d’inoubliable.  Je suis parti pour ce qui va être mon plus long Trail ! Dès le début il pleut et quand je dis il pleut je ne parle pas de crachin breton mais d’une bonne pluie de par chez nous, une qui mouille.

Arrivée au Col de Voza, j’allume la frontale.C’est dans la descente vers St Gervais que je découvre notre principal ennemi : environ  8km sur une piste noire, de l’herbe et de la boue (un vrai calvaire !!! c'était super glissant). Les rumeurs commencent à circuler dans le peloton : des coulées de boue au Col de la Seigne !  Au ravitaillement, Martine vient à ma rencontre : « Mauvaise nouvelle » me dit-elle, « la course est stoppée, les premiers ont été arrêtés aux Contamines ». Très sincèrement à ce moment là je ne réalise pas bien ce qui se passe. Oui bien entendu je suis déçu,  cette course était devenue mon objectif de l’année. On rentre donc à Chamonix, au lit à 1h00.

07h45, le samedi matin : à peine levé, je découvre le sms envoyé à 2h30 par l’organisation : « TDS, UTMB, départ commun samedi 28 à 10H. Parcours Courmayeur –Champex – Chamonix. Bus à partir de 6h30 centre sportif Chamonix ». Vite, p’tit déj, des vêtements secs, mon sac-ô-dos et en voiture on prend la direction de Courmayeur par le tunnel du Mont Blanc, peu de trafic.
Me voici donc en place vers 9h30, il reste encore 90km à parcourir avec un dénivelé de 5700m.

10h15, le samedi matin : avec 15’ de retard, le départ est donné. Ciel bleu et soleil.Traversée de la ville, direction la montée au Refuge Bertone, et continuer vers le Refuge Bonatti par un chemin en balcon. Le ciel est toujours clément, mais nous voyons bien que nous nous dirigeons vers les nuages… Tout va bien, j’alterne la course avec de temps à autre un peu de marche pour mieux repartir ensuite. Les g’noux tiennent le coup ! Arrivée à Bonatti, un bol de soupe, le chemin qui descend  à Arnuva est  agréable. Ravitaillement solide avant d’attaquer la dure montée du Grand Col Ferret : le vent qui s’accentue, la pluie commence aussi,  on avance dans le brouillard, le froid, je ne sens plus mes doigts malgré mes gants. Au sommet, on passe sur le versant Suisse du col, descente vers La Fouly, Martine m’y attend avec du sec, départ pour Praz-de-Fort, Issert,  pour monter ensuite à Champex ; ravitaillement important,  avant d’attaquer l’autre difficulté tant redoutée : la montée de Bovine dans la nuit. Tout va bien, j’ai trouvé un compagnon de route et nous avançons à deux. Une chute dans un torrent me fait  perdre ma lampe frontale qui disparaît dans le tourbillonnement de l’eau … il me reste ma lampe ventrale. Arrivée au sommet, prendre un chemin technique vers le Col de la Forclaz et descente à Trient, il est 0h40.

A la sortie du village, montée des Tseppes : grand coup d’pompe, plus d’jambes, grosse fatigue, je continue péniblement pour atteindre le sommet en France et ainsi descendre jusqu’au village suivant. 

5h00, le dimanche matin : A l’arrivée à Vallorcine je retrouve Martine, le moral est reparti, il ne reste plus que 30km et un gros dénivelé à encaisser : la montée de la « Tête au Vents » 800m de dénivelé dans un chemin de pierres et de cailloux. Le jour s’est levé et le beau temps est revenu. J’attaque la descente pour  La Flégère et de là, les 10km qui me séparent de l’arrivée, je les ferai en courant : ça sent l’écurie !! 

10h59, le dimanche matin : l’arrivée à Chamonix, la foule, le bonheur d’y être parvenu et Martine qui m’y attend.

Chapeau bas, Marc !!

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